Chants de canicule : 26 au 30 juillet

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Samedi 26 juillet

Parrain et filleul

Mes amours

Et mon grand amour

mon POTE

RE-POTE

On manque d'énergie, mais il faut bien assurer. On va à Gap : 1 — Chez Blue Box : achat d'un jean pour Laurence ; 2 — Chez Urban : achat d'une chemise ; 3 — À La Déferlante (vieille ville) : achat d'une autre chemise.

On passe voir maman qui se pense correcte. Elle TIENT à revenir avec nous à Villard ! Comment lui dire que je préférerais qu'elle reste là... J'aimerais que les garçons puissent dormir chacun dans un lit, et si elle rentre, ils vont encore à se retrouver à deux dans un lit simple. Et puis, elle n'a pas récupéré, c'est évident. D'un autre côté, quand on se blesse à l'étranger, cela nous fait se sentir bien seuls ; il est difficile de plaider qu'il était convenu qu'elle devait rester chez Mme Deville... Alors, on se met en branle avec elle. Elle ne fait que 20 pas : la chaleur est écrasante ; la tête lui tourne. Elle passera une autre journée chez Mme Deville à se reposer. On ramène Pierre.

Dans l’après-midi, les gars vont faire de l’équitation avec
Gaëlle. Puis ils sortent avec elle à la Gargouille, un dancing recommandable de la région. Ils rentreront à 4h00 du matin. C'est une première pour Laurence... et pour nous.

Dimanche 27 juillet

Mariane va à la piscine avec Hervé et Johanna. Maman est venue passer la journée avec Mme Deville. Alors, moi, je dois me taper la journée à faire l’hôte. Là, je commence à me sentir plus que frustré. Je n'arrive pas à faire quoi que ce soit, pas d'aquarelle, pas de visite : je dois rester assis sur mon cul à faire le gentil. Le soir, Pierre et moi, sommes allés conduire les gars à un bistro à St-Bonnet. Ils ont été raccompagnés par quelqu’un de là-bas vers 1h30.

Maman et Mme Deville sont rentrées, Pierre est allé les conduire après le souper. Elles ont bien rigolé à regarder Le Cercle rouge à la télé. Elles ont projeté d’organiser un vol de banque elles aussi.

Lundi 28 juillet

Petit matin 1

Petit matin 2

Petit matin 3

Petit matin 4

Maman passe la journée avec Mme Deville. Elles ont beaucoup ri paraît-il. Elles sont allées souper dans un resto Viet. Nous (Mariane, Claude, Hervé et Laurence) faisons le tour du Serre-Ponçon (immense bassin artificiel encaissé entre les montagnes). Nous dînons à St-Vincent, faisons 2h00 de plage et de baignade. __Enfin, un peu de vie de famille et d’évasion.

Au retour, on trouve les bagages de Laurence qu’on est venu livrer ce matin.

Il a l'air sérieux comme-ça, mais...

On les avait presque oublié ceux-là...

Mardi 29 juillet

Maman revient avec Christine. Mariane qui en a sa claque du social, s’enfuit à la piscine — de mon côté, je juge qu'on ne peut pas laisser maman toute seule et faire de quoi de notre côté : il faut lui tenir compagnie. Et pas question de l'amener, elle doit encore récupérer. Je commence à être tendu et frustré, et cette tension ne me quittera plus. Pierre, Laurence, Hervé et Johanna vont à Aventures. Moi, j’en peux plus, j’essaie de dormir après un dîner qui a fini à 3h00. Mariane bouge, elle fait du lavage, moi je suis empâté dans mon rôle de gardien du phare.

En fin d'après-midi, maman, Mariane et moi, on va visiter la fromagerie du col Bayard.

Le souper m’est difficile, je ne supporte plus d’être à socialiser chez les autres ainsi et à être immobilisé. Heureusement qu’on part demain.

Les gars partent se balader dans le maquis vers 9h30. 11h00, ils ne sont pas revenus. Je vais me coucher, Pierre sort, je l’entends. Je me mets à penser qu’il va voir où ils sont. Je me rhabille, inquiet ; il les attend sur la place. Je commence à m’inquiéter parce que la nuit est sans lune, ils devraient être revenus.

On part à leur recherche, à pied. On ne fait pas 20 mètres qu'on réalise qu'on ne voit rien dans cette nuit d'encre. On va chercher la bagnole et on s'enfonce par un chemin défoncé dans les broussailles. Personne. Christiane est partie par le chemin qui mène aux champs. Il faisait si noir que même si elle connaît le chemin par coeur, elle a failli le perdre et s'enfoncer dans un champ... Pierre téléphone à un copain, on commence à penser à organiser une battue. Puis, au retour qui ne voit-on pas ? Nos deux disparus, sur la place, revenant tranquillement vers la maison. Ils étaient étendus dans un champ à contempler les étoiles. Ouf!… Mais je commence à trouver que ça fait beaucoup d'inquiétudes pour ce voyage. J'ai même songé à rentrer au Québec.

Mercredi 30 juillet

Le départ est prévu à 10h00.

10h00, Hervé est sous la douche.

10h15, Hervé déjeune.

10H30, Hervé part à la recherche de son couteau qu’il a laissé dans un champ la veille. Je l'accompagne (et par le fait même oublie de vérifier si j'ai les clés de chez Combrichon).

11h00, on démarre. On passe par les montagnes pour profiter du point de vue.

Johanna veut qu'on la remarque

Johanna est triste de notre départ

Dernières photos avant de se laisser

idem

'm going home

Suite du mercredi 30 juillet —
Le trajet :

Villard-St-Pierre, Chaufayer, Corps, Sautet. Ici, on réalise qu’on s’est trompés. On se retrouve dans le défilé de la Souloise : un pont large comme une petite automobile au-dessus d'un gouffre sans fond, sur les parois duquel s'accroche une végétation arthritique. Pour rebrousser chemin, il n'y a pas d'autre manière que d'avancer-reculer en gagnant quelques centimètres à la fois sur l'étroite bande funambule et asphaltée en tentant de ne pas voir le vide qui ouvre une gueule affamée de chaque côté.

Et puis, c’est reparti. Traverse à nouveau, de cette brindille en pierre au-dessus du vide, lacets à la vitesse maximale, parce que tout le monde est un peu excédé... Sautet, Mers, Monestier-de-Clermont où on découvre une pizzeria excellente — d'ailleurs, j'ai fait la promesse au proprio que j'y reviendrais. Mais avec cette canicule, l'envie de prendre la direction Sud, dans les Côtes-du-Rhône, m'a passée. Allez savoir pourquoi...

Grenoble, Lyon, où je manque le périphérique. Il faut traverser la ville dans la circulation de 5h00. On se retrouve dans les travaux, les bouchons, et on se tape le tunnel de Fourvière. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, c'est un tunnel d'un ou deux kilomètres creusé sous la montagne. Mariane se paie une crise de claustrophobie, et quand on sort, elle ne cesse de répéter : « Ne me faites plus jamais ça ! » Comme si on avait prémédité ce passage en enfer Lyonnais.

À Villefranche, il faut faire des provisions. Tout devient sujet à anxiété : trouver un Leclerc dans une ville inconnue avec des rues qui viraillent n'importe comment. Et puis, essaie de faire des achats avec 5 personnes épuisées, affamées, déshydratées : long et coûteux, avec deux tonnes de jus, eau, bière (mais chaude...).

Et puis, Blaceret. Va-t-on enfin pouvoir souffler ? Je vous le donne en mille !

On s'arrête devant la grille, cherche les clés, cherche les clés... vide mon sac à main, vide mon sac à dos : pas de clés. On répand le tout sur la route : PAS DE CLÉS !

C’est le bouquet. Il est 6h00, on est crevés, il a fait une chaleur épuisante, on a soif, on a faim, et pas de clés. Je ne cesse de répéter : « Je le savais, je devais vérifier où elles étaient ces maudites clés ! » Décidément, on est parti sur les mantras psychotiques. Laurence en a tellement marre de m’entendre qu’il me rappelle que ce n’est pas ça qui va les ramener.

On savait que les parents de Martine habitaient dans les environs. Je ne voyais plus clair, mais je décide de les chercher. Philippe m'avait vaguement dit que les parents de Martine habitaient tout à côté, sur le « petit chemin qu’on avait pris tout à l’heure »... C'était tout ce que j'en connaissais. Je savais aussi que les Bossan (gîte du premier soir) les connaissaient. J'ai décidé de les garder en réserve et de tenter de trouver le « petit chemin »... Mais qu’avais-je retenu, il y a 7 jours, après une nuit blanche, une heure de route, une valise perdue, la conversation dans l’auto, et un tracé pas tout à fait en ligne droite ?...

On laisse les gars sur le bord du chemin, à rapailler mes affaires tant bien que mal dans ma valise, et on part. Vite, on se retrouve dans un cul-de-sac. J’ai deux conductrices avec moi qui me disent quoi faire. Comme si c’était le moment... On finit par demander à un type dans un champ qui téléphone avec son portable et qui, après un téléphone à une connaissance du pays, nous guide vers la maison face à un pré (!). Et puis, il ne nous lâche pas : le Beaujolais du type qu’il a appelé, c’est le meilleur du pays, et patati et patata, et nous, on « bouille »...

Je fais glisser l’embrayage, rince le moteur, avance un peu, l’auto recule à cause de la pente. Il devrait comprendre: nous ne sommes pas disponibles à l’exotisme touristique en ce moment ! Après ce ballet ballant de quelques minutes, il nous lâche. Je fonce... dans une autre direction que celle qu’il nous indique : je n’ai pas confiance. Cela nous a permis tout de même de réaliser qu’on cherchait les Combrichon, alors que les parents de Martine ont un autre nom, que nous ne connaissions pas... On aboutit évidemment nulle part. Je finis par céder aux objurgations de Mariane. On repasse devant la maison. Je prends la peine de rassurer les gars, qui n’ont pas l’air nerveux le moins du monde, effalés qu’ils sont sur le bord de la communale, et je prends le chemin dont je me souviens pour aboutir chez Bossan. On leur explique, et son fils vient nous conduire chez Mme et M. Édouard. Ouf ! Ils y sont. Mais... voilà que ça repart ! Madame parle et parle, et nous est sur le bord de l’inanition.

On ne désire qu’une chose, rentrer dans cette sodite maison ! Maman reste assise dans l'auto, plein de civilités, ils s'avancent. Elle se sent obligée de sortir. Mariane, très subtile, dit qu'on est épuisés, qu'on ne souhaite que rentrer et s'arrêter.

Enfin, M. Édouard nous accompagne, nous ouvre, nous fait faire le tour du propriétaire et nous laisse ses clés.

Merci à Martine et Philippe pour les trois photos de la maison

À peine monsieur parti, Hervé et moi, on repart aussitôt. DE LA BIÈRE FROIDE ! TROUVER DE LA MAUDITE BIÈRE BEN FRETTE ! Tout est fermé, il est passé huit heures. On s'arrête dans un garage, on achète 12 bières au frigo, à l'unité et hors de prix. On s'en fout, on veut boère! Mais c'est pas tout, fallait trouver du tabac pour Hervé. Merde ! Encore 10 km de pays à attendre... parce que des tabacs ouverts à 21h00, ça ne court pas les rues.

Mais, tout n'est pas si misérable. Pour souper, on s'envoie du steak de cheval avec un bon St-Joseph et des fromages. Ouf ! On est là, assis, à relaxer, complètement vidés et soulagés. On rigole. Maintenant.

Les garçons ont joué avec le Gameboy, regardé la télé, et se sont couchés à 3h00 du matin.

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