Chants de canicule : date 7 au 19 août

Précédents

du 21 au 25 juillet

du 26 au 30 juillet

du 31 juillet au 6 août

Jeudi 7 août

Maman, Mariane et moi, allons avec Laurence à Lyon pour essayer de trouver le magasin de couteaux dont Pierre nous a parlé.  On n'avait pas idée des distances, c'était notre première journée à Lyon.  Le magasin se trouvait bien après la presqu'île par le pont Lafayette.  C’est le matin, mais il fait une de ces chaleurs...  Quand je réalise la distance parcourue, et celle qu'il reste à parcourir, je décide de retourner chercher l'auto, stationnée le long de la Saône, aux abords de la vieille ville, et de la ramener près d'où on se rend.  N'empêche, maman qui se tape ça à pied : elle est solide, la mère ! 

On n'a pas trouvé ce qu'on cherchait — Laurence voulait des couteaux à cran d'arrêt pour les revendre ici à ses chums, Hervé voulait des espèces de courtes épées ninja.  Je suis plus déçu qu'eux : c'est moi qui avais insisté pour ne pas qu'ils achètent ceux qu'ils avaient vus à St-Bonnet, en leur suggérant d'attendre à Lyon parce que je croyais que le choix serait plus grand et les prix plus intéressants.  C'est Pierre qui nous avait envoyé ici...  On y a tout de même fait la rencontre d'une jeune dame qui était allée au Québec l'année d'avant.  Elle nous a parlé d’un resto à Montréal (type punk si j'ai bien compris) où on est puni si on ne mange pas tout (!), le client s'y ferait engueuler, et tout le monde est content parce que ce serait une attraction recommandée dans un des guides de voyage...  Bizarre...  jamais entendu parler.

Plus tard, on visite l’auberge de jeunesse parce qu'on a proposé aux gars d'aller y passer quelques jours à deux.  Le site est pas mal bien, dans cette côte qui n’en finit plus.

Vue de la terrasse Hall

Lyon vu de la terrasse de l'auberge

Hall d'entrée

Après-midi à la maison, il fait trop chaud.

M.Édouard (le père de Martine), à l’heure de l’apéro, vient nous porter son ventilateur.  Il a emprunté celui de la sœur à madame pour eux.  C’est vraiment très gentil, et fort à propos : on ne vit plus.

Souper : 1—  on attend que l'air frais descende des montagnes du Beaujolais vers la vallée de la Saône vers 9h00 ; 2— entrecôte de veau préparée sur le petit grill au charbon de bois, salade aux lentilles (trop piquante…) et Beaujolpif.

 

Vendredi 8 août

Je décrète qu’on a eu assez chaud et qu’on va se payer de l’hôtel climatisé.  On essaie de réserver à Dijon, tout est pris pour la fin de semaine.  On se rabat sur Beaune, on réserve pour dimanche.

On passe la journée devant le ventilateur.  Les gars sont en bas, c’est plus frais, ils écoutent la télé et jouent au Nintendo.

On téléphone chez Chevalier-Métrat Bouteilles de chez Chevalier-Métrat et on prend rendez-vous pour 4h30 l’après-midi.  Naturellement, les gars ne veulent pas venir. 

Il nous a fallu un certain temps pour retrouver où ils habitaient : toutes ces petites routes autour du mont Brouilly sont mélangeantes.  On a fini par arriver.  On a trouvé Sylvain, le maître des lieux, qui travaillait, aidé d'un pote, à sortir son matériel ; les vendanges s'en venaient vite à faire peur. Il a une quarantaine d'année, il est plutôt bien bâti, et il a l’esprit ouvert à développer.  Le vin aidant, on convient que je vais essayer de le représenter ici. Ils sont vraiment sympathiques, et j'étais pas mal pompette...

21h00 Je vais conduire les gars à la pizzeria de Villefranche.  Un des copains y travaille depuis qu’ils ont ouvert, il y a quelques jours.

 

Samedi 9 août

 le MâconnaisMaman, Mariane et moi, on part le matin pour le Mâconnais.  On traverse les villages qui nous rappellent des vins qu'on aime, comme ViréVillage de Viré , Clessé, sans s'arrêter.  On viraille jusqu’à la région des Pouilly-Fuissé.  On tombe sur une cave à Solutré qui nous éblouit.  On y propose pour quelques euros une dégustation d’un blanc typé de chacune des 5 communes produisant ce vin : Pouilly — Fuissé — Chasselas — Solutré — Vergisson.  Ça ferme à midi, il est 11h45, mais la jeune dame qui nous sert, nous dit qu’elle n'est pas à quelques minutes près et accepte de nous faire la dégustation.  Qui a parlé des Français en mal ? Notre champion : le Pouilly (au souvenir : le Solutré avait un nez explosif, mais un goût qui laissait perplexe, le Vergisson était plutôt boisé).  Nous avons été vraiment charmés par cette dégustation lumineuse.  Le village est « vraie France »  avec sa place, son église, et ce resto avec sa terrasse sous un tilleul centenaire.  On y dîne, absolument sous le charme.  Je m'y bois un autre Pouilly-Fuissé délectable : précis, tranché au couteau, minéral mais plein de fruit et de flaveurs.  Dieu a ses bonnes heures...

Entrée du village par les vignes

La cave

L'église

La Roche de Solutré

 Vers 5h00 (Hervé vient de finir de dîner…), visite de Oingt avec les 2 gars et maman — faut bien qu’ils voient quelque chose d'autre que la télé et les copains le soir…  On laisse Hervé à Villefranche, on revient.

Souper : Darnes de thon grillées (moyen), restes de la salade de lentille trop épicée,   vin : Pouilly-Fuissé acheté le matin.  Dommage qu’on n'ait pas mis le vin plus en valeur.  Il faut dire qu’il faisait une de ces chaleurs.

 

Dimanche 10 août

Départ pour Beaune.  On s'arrête à Santenay.  On aimerait bien trouver une cave pour déguster, mais on sent bien qu’on est rendu en Bourgogne : des producteurs renommés, qui n’en ont rien à foutre de toi, des caves où on ne déguste que si on achète !  On allait se décourager, surtout qu’il faisait une chaleur épouvantable, quand on est tombé à Puligny sur une petite maison de vins tenue par un sommelier qui faisait déguster trois vins pour une douzaine d'euros.  Sympa malgré la chaleur.  On a longuement discuté, le monsieur connaît son vin de la région.  J’ai acheté un Chassagne-Montrachet, Blanchot-Dessus, un premier cru qui, selon lui, aurait dû être classé comme un Montrachet, le grand cru le plus célèbre de Bourgogne dans le blanc.  Quand on regarde le découpage du terrain, cela semble logique aussi : Blanchot-Dessus poursuit Montrachet dont il forme la pointe ouest du terrain et est contigu au nord avec le Criot-Montrachet, un autre grand cru.  Sur une carte, en tout cas, cela semble faire partie du même pli géologique.  La grande différence est qu'il est inutile que je songe même à me procurer un Montrachet, le prix en est démentiel...  Va savoir.  Je vérifierai dans quelques années, quand il aura vieilli un peu.

On va pique-niquer dans le parc de Puligny.  Il fait une chaleur écrasante.  On arrive à l’hôtel à 14h30, on est vidés.  Soudain, est-ce un mirage ?  Qu'est-ce que cela ?!  UNE PISCINE ! Dieu est grand, parfois...

On se baigne d’abord.  Mariane reste au soleil.  Moi, je sieste.  Maman fait de même dans sa chambre.  Les gars profitent de la clim et de la télé — normal, ils sont en France après tout.  Dire qu'on leur a donné de l'argent pour qu’ils puissent vagabonder dans la ville...

Puis on repart, maman, Mariane et moi. On a décidé de visiter le château de Meurseault. Des caves époustouflantes! Certaines datent du XXIIe siècle, elles ont été creusées par les moines. Des milliers de bouteilles, de tous âges; certains coins avec des bouteilles répandues à terre comme si on avait tiré sur une bouteille et pas pris le temps de replacer celles qui avaient roulé. Des appellations prestigieuses: je me souviens d’avoir vu un Volnay de 1929, et tant d’autres... Et un cellier, un cellier! qui n’a rien à envier à ceux des prestigieux châteaux de Bordeaux. Dommage que le vin qu’on m’a fait goûter soit si ordinaire... Mais, peut-être n’étais-je pas bien disposé, avec cette chaleur; faudra que j’y goûte à nouveau, au Québec, ou que je revienne...

Au retour, devinez quoi ?  PISCINE !

Puis, Mariane et moi, on se met en train de trouver un resto pour ce soir.  On choisit le Fleury, le proprio nous a  dit qu'il nous placerait à côté de l'arche qui donne sur la rue pour qu'on ait plus d'air.  Tu parles, il ne peut pas y avoir plus de quelque chose d'inexistant : pas d'air, pas de vent, il fait une chaleur crevante.  On apprécie peu notre souper gastronomique.  Hervé, l'emmerdeur, ne trouve rien à son goût, alors, il s’envoie un 5 services à la carte…  70 euros, seulement pour lui…  On abdique, on ne rêve que d’une chose, c'est de retourner à l'air climatisé.

Escargots de Bourgogne, bœuf bourguignon (ça me permet de vérifier que je n'aime toujours pas le bœuf bourguignon), et des bouteilles d'eau à 10 euros le litre.  On a dû s'en boire trois ou quatre...  Et Bourgogne rosé, un Marsannay, absolument superbe ! Ce fut de grands frais pour peu de plaisir...

Enfin de retour !  Mais il fait une telle chaleur que le système ne fournit pas, et je passe la nuit en sueur quand même.

 

Lundi 11 août

Petit dèj à l’hôtel : dégueu.

Visite des Hospices de Beaune : émouvant.  Quand on pense que déjà au XIIIe, un prince savait qu'un hôpital pour soigner le peuple devait s'autofinancer et ne pas compter sur les deniers « politiques ».  Les Hospices de Beaune sont propriétaires de vignes prestigieuses, données avec les lettres patentes à la fondation, ou héritées de donations.  Voilà comment, depuis 700 ans, on y soigne les pauvres.

Maman, Mariane et moi, on marche dans Beaune.  Elles veulent magasiner, je veux visiter des caves : on se sépare.  Je rencontre Fabien dans une petite cave cheap.  Il a des contacts.  Il peut trouver des vins moins chers.  Il connaît Pascal Marchand (célèbre viticulteur-éleveur provenant du Québec).  On se téléphone, on s’organise une dégustation : Pascal revient le 15 de ses vacances au Québec.  Il en connaît des gens le Fabien...  Il parle beaucoup le Fabien.  Il connaît les meilleurs vins aux meilleurs prix, le Fabien.  Pourquoi pas jouer le jeu, on verra.

Puis, je me paie la dégustation au Marché aux vins.  Je déguste à mon soûl — 18 vins autant de fois que je veux.  Mon champion : le Vosne-Romanée.

Juste avant dîner, à la piscine, les gars viennent nous rejoindre.  Alors, on leur fait un troc un peu tordu : on leur donne 20 euros, en échange du fait qu’ils aillent visiter les Hospices de Beaune.  Dix mille dollars que ce voyage m'a coûté pour que mes gars consentent à être payés pour visiter les Hospices de Beaune...  Hervé a apprécié, tant qu'à Laurence, tout est plate et vieux.  Ah !  Comme je suis fier d'être leur père !...

Pour souper, on se cherche un resto climatisé, Mariane et moi, car maman reste à sa chambre et se fait monter un repas.  Les gars vont se débrouiller nous ont-ils dit.

On se fait promettre une clim efficace dans une brasserie.  Bof !  On crève pareil.  Mais les gens sont sympas.  On se fait offrir le Kir : cassis et blanc de Bourgogne donnent un résultat absolument succulent.  Escargots de Bourgogne, coq au vin (délicieux), glace, un rosé dégueu qu’on retourne, et on se choisit un Volnay (à 45 euros) à la place.

 

Mardi 12 août

Mariane a envie de déjeuner en ville avec, brioches fines et croissants.  On tombe sur un café où il n’y a que des croissants et des chocolatines.  C’est après avoir fini qu’on découvre que juste à côté, il y avait un endroit à viennoiseries.  Dommage !  Après, on se laisse ; maman et Mariane retournent à la chambre.  Tant qu'aux gars, ils dormaient.

Moi, je dois revoir Fabien, pour lui laisser le numéro de téléphone à Blaceret.  Il arrivait au travail, il est 9h30.  On reste dehors au soleil à parler.  Passe une dame qui est la proprio du Cellier de la Cabiote.  Fabien me la recommande ; grands vins de petits producteurs à prix corrects.  J’y vais.  J’achète un Chambole-Musigny pour Jeanne et Pierre-Yves et pour moi, un clos Saint-Denis.

Puis, je m'achemine vers le Marché aux vins et achète un magnum de Meursault Genévrières 1988, Domaine des Hospices (Cuvée Baudot) et une bouteille de Vosne-Romanée « Les Malconsorts ».  Oublions les prix...

 11h00, Départ pour Dijon.

 On arrête au mythique clos de Vougeot.  On voudrait bien visiter, mais il est trop près de midi, il faudrait revenir en après-midi.  On n'a plus le coeur à grand-chose, surtout pas à attendre dans cette enceinte bombardée de soleil. 

À Dijon, dur dur, on cherche le syndicat d’initiative.  J’ai manqué deux sens interdits, mes deux « conductrices » n’ont pas manqué de me le rappeler.  Maman surtout devient agaçante (« Tourne ici !  Tourne ici !  Ici! »)  La marmite explose, je l’engueule…  Merde !  Ça fait 20 jours que j'ai 4 copilotes qui me soufflent dans le cou !...  Me reste plus qu’à m’excuser.  On a tous les nerfs à fleur de peau.  Nous sommes dans le quartier de la gare, l’hôtel ne nous convient pas : on veut une piscine et un stationnement.  Ils ont un jumeau à 50 mètre sur l'autre rue. Le stationnement est là avec la piscine, alors on réserve là plutôt.  Mais les chambres sont déprimantes : petites, à la limite d’être vieilles, avec du tapis qui sent les vieilles chaussettes.

On dîne à la brasserie « Au bureau ».  On se demande ce qu’on fait là.  Il fait si chaud que je n'arrive pas à manger plus de la moitié de ma pizza.  Je l'apporte à la chambre pour les fringales inopinées.  Certains jours, Dieu est moins bon...

L’après-midi, Mariane et moi on roule comme des escargots sur la route des vins de la Côte d’or.  Plus vite aurait certainement été plus rafraîchissant... On arrête à Gevrey-Chambertin dans un bistro pour prendre une bière.  Il fait une telle chaleur…  On sympathise avec un type au bar et la proprio. Il nous offre la bière.  Et pour déguster, on nous conseille chez Leclerc, juste un peu plus haut à pied.

La cave est fraîche. On attend dans la salle derrière que la dame ait terminée avec ses clients (chinois ou japonais) en prenant une douche d’air frais devant le puissant climatiseur. On était morts de rire, les aisselles, le cou, l’intérieur des culottes... Ouf! Quand est venu notre tour, le vin nous a paru splendide. Le marc aussi. On a acheté un Gevrey-Chambertin «la Combe aux moines».

On s’est rendu jusqu’au Clos de Vougeot où on s’est arrêté quelques minutes. Appuyés sur un muret en pierre, on ne dit rien, on écoute, on s’emplit du lieu, tranquille, où la vigne, placide dans la chaleur de fin d’après-midi, pour la millième fois finit de se gorger du terroir magique et de soleil.

Pour le souper, on se rend dans un resto «climatisé»: où on crève parce la clim ne suffit pas et qu’il ne reste qu’une table, la plus rapprochée du vaste four à bois dont la porte reste ouverte de façon à s’assurer que tout le monde est bien cuit… Si on avait eu l’énergie, on aurait tourné les talons, mais on était au milieu de nulle part, affamés, épuisés et sans énergie sous cette chaleur. Il n’y avait même plus de bière fraîche, les frigos étaient vides. On bouffe en n’aspirant qu’à nous retrouver dans notre chambre climatisée.

 

Mercredi 13 août

Je devais aller faire visiter la cave du château de Meursault aux gars.  Je cogne à leur porte à 8h30, ils ne veulent pas se lever.  Maman, Mariane et moi, on va visiter Dijon.  Très belle ville :  nous avons déambulé, puis nous sommes arrêtés dans un petit café près de la cathédrale, une matinée de rêve...

 Au retour vers l’hôtel, je manque un panneau de signalisation et m’engage dans un sens interdit. À peine tourné le coin, je me retrouve dans une large avenue, en sens inverse de la circulation. Les deux bonne femmes gueulent; devant nous: les feux de circulation à 100 mètres et un mur d’automobiles dont les conducteurs ne m’ont certainement pas vu, étant donné l’incongruité de la situation. À ce moment, le feu tourne au vert, et les autos foncent: j’ai une seconde pour réagir. Je fonce moi aussi. J’accélère jusqu’à un espace de stationnement à gauche, je vire brusquement tandis que le flot klaxonnant des automobiles me dépassent déjà. Je sors pour me remettre. Merde! Je suis dans une telle colère contre moi! Mais avec mes passagères, il n’est pas question de les inquiéter davantage. Je reviens à l’auto, et leur exprime mon regret pour cette émotion imprévue. On repart; je vais devoir me faire une raison: je suis bon pour me faire casser les oreilles par des copilotes alarmés et doublement justifiés de me dire comment conduire et m’orienter jusqu’à la fin du voyage.

Il fallait laisser les chambres pour midi.  Hervé n'est pas encore levé à 11h45.  Tant pis pour lui, il reviendra sur le pouce, je décrète qu'on part.  C'est Laurence qui le sauvera, en lui exprimant l'urgence de la situation.  L'autre se ramasse en beau maudit et en oublie son costume de bain.  Tant pis !  Il y a une limite à attendre les princes...  Vers midi, donc, on quitte Lyon pour Blaceret par l’autoroute. 

Le soir, les gars sortent.  Ils reviennent à 3h15.  Des potes sont venus les conduire. Mais ils ne rentrent pas.  Que se passe-t-il ?  Je ne dormais plus depuis 2h00, un peu inquiet ; mais à 4h00, je ne m’endure plus.  Je sors, marche l'allée gravillonnée et me rends au chemin.  Ils sont assis à terre :  Laurence est malade, il ne veut pas rentrer.  Déjà qu’avant de partir, il n'avait pas mangé, voilà qu’il s’est enfilé quatre bières juste avant de revenir.  Il a l’estomac retourné.  Il est assis dangereusement sur le bord de la route.  Hervé est avec lui.  Il faut lui reconnaître cette qualité au Hervé, il est fiable : il n'abandonnera pas quelqu'un de mal pris.  Laurence finit par se lever, et rentrer.  Je le laisse appuyé contre le bol de toilette à attendre vainement de vomir.  Il est 5h00 du mat.  Les p’tits kriss…

 

Jeudi 14 août

Matinée tranquille : lecture, discussions, planifications, budget.

Laurence s'est levé en forme, l’estomac replacé.  Ah !  C'est beau le pouvoir récupérateur de la jeunesse !

Je téléphone au fameux Fabien. Ah! Pascal n’a pas le temps, avec la chaleur, il doit aller aux vignes et bla et bla. OK, mon pit; j’’ai compris... Chiao, chiao!

L’après-midi, on va à Beaujeu.  Laurence nous accompagne.  Belle église.  Arrière-cour à demi Moyen-Âge et l'autre moitié Renaissance.  Fort intéressant.

Puis Chiroubles, où se trouve une cave à vin coopérative immense avec de très bons Beaujolais.  Laurence nous accompagne.

On soupe.  J’avais convenu avec Mariane que je ne faisais pas le taxi, mais j'ai oublié : j’accepte d'aller conduire Hervé à Villefranche  Cela la contrarie.  Je m’excuse, ma blonde, j’ai oublié…  Piteux pitou…

Hervé n'est pas rentré de la nuit.  À partir de 3h00, je me réveillais aux quarts d’heure en l’attendant.  J’ai empêché Mariane de dormir.

Plus que quelques jours, je me dis, et plus jamais.

 

Vendredi 15 août

Maman nous invite à souper la veille du départ. Alors, on part en quête d’un resto qui serait ouvert le lundi. Pas évident, parce qu’il faut que la carte nous tente aussi... C’est la campagne ici, ce qui veut dire se déplacer d’un village à un autre pour consulter les menus, c'est aussi un bon prétexte pour admirer le pays. On n’a rien trouvé qui nous ait inspiré ce matin.

On ramasse Hervé à Villefranche à 2h30 et on va à Lyon.  Tout est fermé !  On y allait pour les couteaux.  C’est la fête de l’Assomption !  Quelle déveine ! 

On visite un peu.  Les gars nous tirent une de ces gueules.  Mariane suggère à Hervé qui a faim de s'acheter des fruits en attendant qu'on puisse lui payer quelque chose qui ne nous coûtera pas le prix d'un loyer.  Ça ne fait pas. Monsieur l'engueule parce que son estomac je-ne-sais-plus-quoi... Mariane se tait. Maman se tait. Je me tais: on bout.

Putain qu’on en a tous marre de ce brasseur de merde égocentrique ! Je lui paye un machin du genre pita, et il sympathise avec les arabes du resto-minute, et nous, on poireaute… La chaudière donne des signes de surpression...

 

Intérieur de la cathédrale de Fourvière

Tant qu’à être venus jusqu’ici, et être tombé sur une ville close, on décide d’aller jeter un coup d’oeil à la cathédrale de Fourvière.Catastrophe! Nos princes voulaient aller voir leurs chums à Villefranche. Boudage, mauvaise humeur, tension invivable, dans la foule rassemblée pour la messe à la Vierge — on dirait que la ville s’est vidée pour monter ici, et d’une chaleur épouvantable. Laurence joue au bourricot qui refuse d’avancer et Hervé, lui, se penche sur les murs de soutènement à flanc de falaise jusqu’à être prêt à basculer en bas. Un vrai hyperactif de 5 ans!... Puis, au milieu de la place, il nous engueule et part de son côté. Cela lui permettra de rentrer par une porte dérobée et de voir l’intérieur de la cathédrale. Sinon, impossible d’entrer, elle était archi-comble, une véritable étuve. On ne s’endure plus, on ne les endure plus. Mais, je ferme ma gueule, je ne veux pas de tension supplémentaire. Ah! Le beau «peace and love» que je fais. On quitte, s’arrête dans un bistro, la bière nous rafraîchit les idées. Mais les gars ont faim, — ça creuse de faire la gueule... — les hot dogs sont à 10 euros alors on décide de revenir sur Villefranche, de ramasser 4 pizzas à la pizzeria de leurs potes. On soupe au champagne acheté chez Chevalier-Métrat. Tout le monde est fatigué, on se couche tôt. On a enfin pu prendre 8 heures de sommeil. Les gars, pour leur part, continuent de se cultiver jusqu’aux petites heures du matin devant l’écran...

 

Samedi 16 août

 Matin : je monte avec les gars à Lyon pour trouver une coutellerie d’ouverte.  J’ai six adresses :  elles sont toutes fermées pour les vacances…  Zut !  C’est une vraie conspiration monopolistique !

Après-midi : Maman, Mariane et moi, on fait la tournée pour trouver un resto pour lundi : Le Clochemerle à Vaux, on arrête chez Chevalier-Métrat pour acheter du champagne et un Brouilly.  Le Coq à Juliénas, qui n’inspire pas ces dames.  Ce sera le Clochemerle.  Et puis, pour finir, Belleville et l'inébranlable Intermarché avec ses quatre composantes essentielles : essence, bouffe, bière et eau.

Maison — engueulade avec Hervé : je ne fais pas le taxi ce soir. 

 

Dimanche 17 août

 Matin tranquille, lecture.

 Hervé aimerait voir une cave à vin. Je trouve une publicité annonçant le Château de La Chaize, qui produit un Beaujolais qu’on trouve d’ailleurs dans les produits réguliers de la SAQ; c’est tout à côté, on pourrait y visiter une cave classée historique.

 En après-midi, on va conduire Hervé à Blacé, malgré les risques d’orage pour faire du Mountain Skate.  Maman, Mariane et moi, durant ce temps, on va à Quincié en Beaujolais, on cherche toujours un resto. Quand on a voulu réserver, le Clochemerle était déjà complet.On finit par trouver, sur la route, ce sera le Pont des Samson.

On retourne chercher Hervé en montagne. Que de route, que de route! On ne dirait pas comme ça, mais le Beaujolais, avec toutes ses petites routes sinueuses entre vallons et montagnes, ça représente beaucoup de temps pour se déplacer d’un endroit à un autre. Hervé est tombé, il s’est blessé; il est content, ça lui a fait du bien…

Je vais conduire les gars à Villefranche vers 21h00.  Ils me téléphonent vers 2h00 pour que j'aille les chercher.  Allez hop ! taxi!

 

Lundi 18 août

Journée du grand ménage.  Je nettoie l'auto.

Je vais chercher les Combrichon à 10h15 à St-Exupéry.  Ils ont été enchantés de leur séjour au Québec.  On arrive chez les parents Édouard, qui venaient de téléphoner à Mariane parce qu’ils s’inquiétaient : on dépassait l'heure prévue de 15 minutes…

L'après-midi, on s'apprête à se rendre au château de La Chaize.  Il est 2h30, Hervé se fait à bouffer.  C'est pas vrai !  Je lui dis sans lever le ton qu'à cette heure-ci nous devrions quitter : nous avons rendez-vous à 3h00.  — MA BOUFFE EST CHAUDE ! JE NE PEUX PAS FAIRE PLUS VITE !  Cette fois-ci c’est trop.  J'ai fermé ma gueule tout le voyage, pour ne pas que ça devienne invivable.  J’ai discuté, feinté, tenté de distraire, et fait le taxi en masse...  Mais là, on en est rendu au point où je me fais l’effet de tomber dans un rapport victimaire.  Tu n’oses plus parler, et si tu fais une remarque, le ciel te tombe sur la tête.  LÀ, ÇA VA FAIRE! Pour qui on s’est fendu en courbettes pour qu’on nous accorde une visite? Qui veut visiter une cave à vin? Pas question d’être en retard!

Il lève le ton.  Je gueule : il nous écoeure tous.  On n’arrête pas d'attendre après lui.  Cette visite, c’est pour lui qu’on l’a arrangée.  Tout le monde se fend le cul pour lui faire plaisir. S’il n’était pas content, il n’avait qu’à partir seul, au lieu de nous faire chier depuis le début.  Je ne supporterai pas plus longtemps son arrogance et son agressivité et… encore et encore…

Il pleure de rage, se lève lance, son assiette dans l’évier en éclaboussant partout.  Il est prêt !…  Sans avoir nettoyé bien sûr.  Mais comme il ne reste que 15 minutes, on décolle.

On visite cet immense hangar datant du XXVIIe siècle, avec sa magnifique charpente en bois de châtaignier, parce que ça repousse les insectes et la moisissure.  Une cinquantaine de cuves en inox, plus quelques cuves en chêne.  Et dessous, une cave en arches, c’est le cellier où sont élevés les vins dans les fûts de chêne.

 

Une fois la visite terminée, on retourne au château, l’intendante veut nous donner les documents publicitaires. Hervé, le brillantissime, s’allonge dans les escaliers en bois verni et se roule une cigarette en semant des miettes de tabac comme s’il égrenait un biscuit sec. Bien sûr qu’on lui dit de ramasser, de se lever, d’attendre d’être dehors pour fumer, de faire preuve de tenue. Il sort en maugréant et tempêtant.

Au retour, je vais le voir dans sa chambre. On cause. Il est évident qu’il est extrêmement anxieux. Le retour l’inquiète: il n’a pas d’argent, pas d’appartement, pas de travail, pas d’études. De plus, il est clair qu’il devra quitter la maison, parce que, au retour, j’exigerai qu’il respecte un rythme de vie rigoureux qu’il ne pourra tolérer: lever 8h00 et travail ou études. Fini les nuits dehors et les levers à midi.

19h00, départ pour le Pont des Samson.

Quelle bouffe !  Les assiettes sont immenses.  Maman a pris un coq au vin, elle a reçu la bête au complet sans doute.  Une seule assiette et elle était incapable de finir, alors quand elle nous voyait essayer de traiter honorablement notre 5 services…  C’était pantagruélique.  Une vraie cuisine campagnarde comme la tradition le voulait en Beaujolais. 

Ballotines de lapin, de canard, d'autruche et de kangourou ; pour Mariane, escargots bourguignons. 

Fricassée de grenouilles avec une demi-bouteille de blanc (qu’est-ce que c’était déjà ?…  sans doute un bourgogne) — pas 12 misérables cuisses, une assiette pleine de grenouilles complètes, il devait y en avoir quatre douzaines… 

Pavé de bœuf charolais — un morceau à vous décrocher la mâchoire, 8 centimètres d’épais par vingt de large, dans une sauce aux morilles…  Comme vin rouge, on a choisi un Saint-Joseph. 

Pour les fromages, on nous arrive avec le magasin : il y en a au moins cinquante dans un meuble en bois vitré, avec un couvercle en verre.  Suffit de choisir, on nous sert. 

Et pour nous achever, un Caporal (sorbet et vodka).

 

Quelle bouffe, mes amis !  Quelle bouffe ! J’ai conduit on ne peut plus lentement pour le retour par les petites routes en lacets…

 

Mardi 19 août

Journée éprouvante.  Réveil, 6h30.  Laver, laver, laver.  Il faut que la maison soit impeccable.  Réveil des gars, 8h00.  Laurence se lève.  Pas Hervé.  8h15, nouveau réveil.  8h30 nouveau réveil.  Hervé est d’une humeur massacrante.  Il exige que Laurence fasse ses bagages dans le noir.  Puis il l’engueule salement en lui criant qu’il se pressait pour retourner à sa vie minable de banlieue où il ne se passe rien.  Laurence est choqué, il passera l'avant-midi dans le salon à remâcher sa colère.  Hervé se recouche après qu’on a récupéré ses draps pour les laver.

Je descends à 9h30, à 9h45, à 10h00.  Parce que ses bagages ne sont pas faits et on quitte vers 11h00.  Je parle calmement, ce n'est pas le temps de hurler : la journée sera longue ; il ne faut pas se brûler à l’aube, mais je bous, je bous…  Il finit par consentir à se lever.

Les Combrichon arrivent à 10h30.  Mariane vient tout juste de jeter la cuvée botch (petit rappel ?  Nous étions dans une maison de non fumeurs qui réclamaient un échange avec des non fumeurs.  Alors, on fumait dehors, et on jetait nos mégots dans une bouteille où croupissait une eau...  conséquente...)

Aéroport, 11h30. Au revoir, au revoir, merci encore, bonne chance, adieu. Et c’est la phase retour. On trouve le comptoir pour faire enregistrer nos bagages. Comme de raison, c’est la file. Maman, Mariane et Hervé partent prendre une bouchée. On est certain qu’il faudra plus d’une heure pour arriver au comptoir. Mais voilà qu’on ouvre un nouveau guichet, que la ligne est divisée et qu’on avance beaucoup plus rapidement qu’on l’avait prévu. Quand j’arrive au comptoir, on refuse d’enregistrer les gens qui ne sont pas présents. On me retient 3 passeports jusqu’à ce que les autres arrivent. Je suis hors de moi. Abandonner ainsi mes passeports m’insécurise au plus haut point. Mais j’ai les valises de tout le monde, je ne pouvais reculer. Ce que j’aurais dû faire en réalisant que je me retrouverais au comptoir avant que mes trois moineaux soient revenus, c’est de me retirer de la file et attendre, mais je ne l’ai pas fait. Alors, je me suis retrouvé au milieu de l’enfer de la «sécurité», comme si je n’avais pas eu assez de pression ces derniers jours. Quand j’arrive au comptoir des bagages, c’est la panique. La préposée ne cesse de répéter: «Mais je ne peux les enregistrer!» Moi, je refuse de bouger, j’occupe toute la place. Ça gueule, je boque. Et les autres qui n’arrivent toujours pas… Bon, finalement, je gagne mon point: va pour les bagages à la soute. Mais quand vient le tour des bagages à main, ça recommence. Et les autres qui ne sont toujours pas là— Grrr… Hervé finit par arriver. Paraît qu’elles ont traversé l’aéroport pour trouver une toilette pour maman…On n’a droit qu’à 5 kilos par personnes. Le premier, celui de Hervé en fait 7,7. Il faudra «dispacher» qu’elle nous dit… Mais les filles sont parties avec leur bagages à main. Impossible... Si hurler avait servi à quelque chose, on en aurait ressenti les ondes jusqu’en Chine.

Quand elles arrivent, tout sourire, très relaxe, on était sortis des rangs; ma chaudière surpressurisée frisait l’explosion. Et c’est reparti pour un deuxième assaut! On passe devant tout le monde, je brasse de l’air en masse, jusqu’à ce qu’on nous entende. On retrouve les passeports, on pèse les bagages à mai. Bon! Tout serait ok…

Pensez-vous !

Voyons! Il ne faut jamais désespérer d'un emmerdeur professionnel! À la dernière seconde, comme je m’apprête à ramasser papiers et sac, Mariane me dit qu’il y a un problème: Hervé a oublié ses couteaux dans ses poches…

Ma première réaction, c’est de dire tant pis pour toi p’tit kriss, tu nous as assez fait chier… Puis, mon côté chrétien remonte en moi où la vengeance est rangée du côté des gestes ridicules. Alors, je fous ses deux couteaux dans mon petit sac à dos, qui me sert de bagage à main, je retire le paquet de trois bouteilles de vin, et je donne à la préposée — toujours la même — qui ne peut plus me voir en peinture, mon sac en tant que bagage pour la soute.

Je vais prendre un sandwich, je n'ai pas le temps de prendre une bouchée qu’on appelle pour l’embarquement.  Grrrr…  Je pars avec le coke et le sandwich dans les mains.  On passe les détecteurs et qu’arrive-t-il ?  Maman est bloquée parce que dans son bagage à main, elle a un ciseau à ongles !!!  On lui dit qu’elle doit retourner au comptoir des bagages pour la soute si elle veut les garder.  Elle me regarde, indécise.  ON LE JETTE ! MERDE !  Ça y est, on est prêts à se taper 8h00 de voyage, assis sans pisser, les pieds sur le carton de bouteilles de vin. 

Sans doute Hervé avait-il un petit goût de non-fini dans la bouche, alors il demande si on ne peut pas avoir des places en première classe parce que, le pauvre petit chou, il ne s’endure pas dans un espace restreint. Et puis quoi encore? En réplique à sa déconfiture, il change de stratégie: au moment de l’embarquement, quand on traverse la section première classe pour se diriger vers la classe touriste à l’arrière, qui hurle à tue-tête: « Ouais! Y’en a qui se privent de rien!»? Eh oui! Le roi du bogue et de l’emmerde, Hervounovsky lui-même... Et quand on lui demande de se montrer plus discret, il en rajoute volume au plancher:« Ben quoi! Faut ben qu’ils le sachent, les bourgeois, qu’ils sont favorisés au détriment des autres! » Putain! J’en ai marre, MARRE, MARRE!

Quand on arrive à Montréal, je suis si ankylosé que j'ai peine à faire les premiers 100 mètres de marche jusqu’au guichet.  Et là, bien sûr, on tombe sur LE zélé.  Tout le monde avance sauf notre rangée où il regarde passeport par passeport, lentement, il prend le temps d’interroger une enfant de deux ans, pour être certain qu’elle va bien retrouver sa maman comme son père le dit…  grrr… quel crétin !

Et au moment où je m'attendais au pire, à l'air suspicieux du douanier devant nos nombreuses bouteilles de vin, on nous fait passer sans même nous fouiller.  Dieu est bon, j'étais en train de l'oublier.

À la maison, j'ai le malheur de montrer mon magnum de Meursault 1988 à Jeanne et Pierre-Yves, couvert de cette poussière noble des caves.  Hervé arrive de nulle part, passe son gros doigt dessus et laisse une longue traînée…

 AAARRRGGGHHH !!!

 Ben quoi !  C'est juste de la poussière !...

 RE-AAARRRGGGHHH !!!

Plus que quelques heures à avoir les mains liées que je me suis dit.  Attends demain...

 

Et tant qu'à dire du mal de lui, un clou de tombe peut-être ?  Si, si, si, je sens que vous ne demandez que ça !  Qu'ai-je découvert le lendemain dans son bagage à main quand j'ai voulu récupérer mes bouteilles de vin ?  Un gilet de sauvetage !  Il avait piqué le gilet de sauvetage de l'avion qui était sous le siège.  Quel con !  Non, mais quel con !  Dire qu'ils sont si mignons quand ils ont un an...

 

 

 

J'en suis au paragraphe des bilans.  Je dirais donc que ce furent 31 jours d'évasion totale.  Encore aujourd'hui, quand on en parle, nous nous attachons aux souvenirs heureux, remplis de paysages et de villages émouvants, d'une Bourgogne qui nous a fait craquer pour Beaune, d'un Beaujolais attendrissant, où il fait bon vivre.  Maman et Mariane sont des voyageuses très agréables, nous avons eu beaucoup de grands moments d'émerveillement ensemble.  Mais ces moments heureux, cette beauté, il a fallu l'arracher au sort — la chute dans les escaliers, une canicule épouvantable — et à la double catastrophe sur deux pattes qu'a représentée chacun des gars.  Et le pire, il suffit de les écouter maintenant, ils ne cessent de dire (aux copains) comme ils ont fait un beau voyage et ne rêvent que de repartir... Pour ma part, ils peuvent dire ce qu'ils veulent, moi, j'ai déjà donné. Quoique...

 

 Claude Belcourt, 21 juillet 2004

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